Le nouveau commandant de la cyberdéfense , le général Emmanuel Nargelen, évoque en exclusivité les nouveaux enjeux du cyber militaire.
Article du Figaro du mercredi 13 Mai 2026.
La cyberguerre n’est plus un scénario futuriste : elle est déjà une réalité stratégique. L’article analyse la montée des tensions dans le cyberespace et la manière dont la France se prépare à une éventuelle « cyberguerre ». Il s’appuie notamment sur l’exercice international Locked Shields, organisé en Estonie par l’Otan, où les équipes françaises de cyberdéfense ont terminé parmi les meilleures. Le nouveau commandant de la cyberdéfense française, explique que les missions ont profondément évolué. Les cyberattaques ne visent plus seulement des systèmes militaires, mais aussi des infrastructures critiques civiles : réseaux énergétiques, hôpitaux, transports ou fournisseurs privés. Les exercices servent désormais autant à tester les capacités techniques qu’à préparer la gestion stratégique de crises majeures.
Le contexte géopolitique renforce ces inquiétudes. Les experts évoquent une intensification des opérations russes et un affaiblissement des règles internationales dans le cyberespace. Selon plusieurs analystes cités, le principal danger n’est plus une attaque spectaculaire unique, mais le « pré-positionnement » : des intrusions discrètes dans les réseaux ennemis permettant de l’espionnage permanent et la possibilité de perturber un pays au moment opportun.
L’article cite notamment une attaque attribuée à des groupes liés au renseignement russe contre des infrastructures énergétiques en Pologne. Ce type d’opération marque, selon les spécialistes, une étape supplémentaire dans l’escalade numérique entre États.
La France cherche donc à renforcer sa résilience et sa coopération avec ses alliés de l’Otan. Le général Naëgelen insiste sur la nécessité pour chaque pays de sécuriser ses propres systèmes d’information, dans un contexte où la dépendance technologique vis-à-vis des logiciels américains reste forte et où un désengagement des États-Unis inquiète certaines capitales européennes.
Enfin, l’article souligne que la frontière entre cybercriminalité, espionnage et guerre devient de plus en plus floue. Les attaques numériques sont désormais considérées comme un élément central des conflits modernes, capable d’accompagner ou même de précéder des opérations militaires classiques.
